Le contexte
Du projet d’enfant aux premiers mois de vie du bébé, les mères traversent une période de fragilisation. Au-delà de la réalité biologique et juridique, le processus de maternalité, par lequel une femme devient mère, implique de profonds réaménagements psychiques. Certains auteurs vont jusqu’à parler de crise identitaire, tant les rapports entretenus à soi-même et aux autres (au sein du couple et dans la lignée générationnelle notamment) sont remis en jeu.
Au cours de la grossesse, la mère développe une hypersensibilité qui lui permettra de s’ajuster au mieux aux besoins du bébé mais qui la rend également vulnérable.
Dans de nombreuses cultures, les anthropologues ont constaté combien des rites traditionnels étayent ce processus de maternalité. En occident, la disparition des rites autour de la naissance, la dispersion géographique des familles, l’allongement des carrières des grands-parents affaiblissent le soutien groupal autour de la mère. De nombreuses femmes expriment ainsi leur vécu d’isolement, tout particulièrement après la naissance.
Dans un monde social dominé par la représentation d’une période périnatale idéalisée et synonyme de plénitude, les difficultés des mères sont souvent tues car vécues sur le mode de la honte ou de la culpabilité. Ainsi dissimulées, les inquiétudes, les ambivalences, les doutes des mères, ne trouvent pas leur voie d’expression et de traitement. Le développement de communautés sur internet où de jeunes mères partagent, de manière anonyme, les difficultés qu’elles rencontrent dans la période périnatale, témoigne des tabous qui peuvent entraver la traversée de l’évènement que constitue l’arrivée d’un enfant.
Aujourd’hui plus spécifiquement la crise du Covid-19 et les recommandations de distanciation sociale qui en résultent, augmentent le vécu d’isolement des jeunes ou futures mères.
Dans ce contexte, où les femmes enceintes sont considérées comme des personnes vulnérables sur le plan médical, les angoisses liées aux risques sanitaires peuvent entrer en résonance avec les anxiétés inhérentes au processus de maternalité.
L’évènement sociétal vient redoubler l’évènement individuel.
Le public
Femmes enceintes ou accouchées, futures mères et jeunes mères.
La démarche
Les participantes sont invitées à s’installer dans un cadre sécure pour penser la traversée de l’évènement que constitue l’arrivée d’un enfant, temps complexe de déconstructions et d’émergences nouvelles.
Elles bénéficient de l’étayage du groupe de femmes qui se construit au fil des séances. Le collectif devient un espace ressource pour se disposer singulièrement avant, pendant et après la naissance et se préparer subjectivement à l’accueil du bébé.
Une attention particulière sera portée à l’élaboration des interférences de la crise sanitaire dans le processus de maternalité.
Le dispositif
- Groupe de 8 femmes maximum.
- 1 séance par quinzaine d’une durée de 2h.
- Engagement sur 10 séances. Démarrage en semaine 23.
- Séances réalisées en visioconférence.
- Entretien individuel en visioconférence préalable à l’inscription.
- Co-animation : binôme psychologue/psychosociologue.
- Tarif : 50€ la séance